Je vous ai donc laissés à Manille, arrivée avec une alerte au typhon...
Makati city, premier soirJe retrouve Cédric, un ami rencontré à HZ il y a quelques mois, qui vit pour le moment aux Philippines. Il habite avec ses sympathiques colocataires à Makati, un quartier riche de Manille. En découvrant l'endroit, un peu déserté de sa population ce premier soir car les gens se sont mis à l'abri du typhon, j'ai l'impression de me retrouver à Singapour : tout est super propre, plutôt luxueux, aseptisé, on est à mille lieux des récentes photos d'inondations et de dégâts publiées sur les Philippines. Et à quinze mille lieux de ma vie chinoise ! Nous dînons à Greenbelt, un immense centre commercial, des tonnes de magasins classes voire luxe, des restos alléchants partout, des prix dérisoires, ou du moins bien moins cher qu'en Chine ce qui n'est pas peut dire ... Je me retrouve vite immergée dans le groupe d'étudiants internationaux, les vacances commencent très, très bien !
Retour au bercail après le dîner, nous sommes tout de même en alerte typhon de niveau maximum, plutôt novices en la matière et donc pas très au courant de ce qui est risqué ou ne l'est pas, on ne va pas trop s'éloigner ... Mais il ne pleut toujours pas ! Le passage au 7/11 en bas de l'immeuble ainsi que les gardes nous rassurent, l'alerte typhon est levée sur Manille, sa trajectoire a dévié vers le nord ...
IntramurosLe lendemain, c'est samedi, nous partons avec Cédric et Jérôme à la découverte de Intramuros, le quartier historique de Manille, qui date de la colonisation espagnole. Jérôme, c'est un copain-collègue de boulot de HZ, qui a mon âge, et qui est lui aussi venu profiter des Philippines pour ces vacances.

Premier constat, les Philippines sont un pays extrêmement catholique, on trouve des églises partout, ce qui change largement de la Chine ! Nous commençons par l'église San Agustin (plus ancienne église des Philippines), où nous tombons en plein mariage. Tout un cortège composé d'enfants et d'adultes, très bien vêtus, accompagne les mariés vers l'autel. Petit aparté, les mariages sont, à mes yeux, un excellent repère culturel, tant ils sont porteurs de valeurs, de croyances et de rites. C'est peut-être aussi une des choses les plus difficiles à décrire ou à expliquer et comprendre quand on est étranger. Mariages indien, chinois, philippin, français ... Tellement différents, mais toujours une sorte de rite de passage, une reconnaissance de la société, et l'occasion d'une grande fête !

Nous continuons notre promenade dans Intramuros, qui tire logiquement son nom des murs qui entouraient la ville, telle qu'elle était au temps des colonisateurs espagnols.
Nous visitons ensuite Fort Santiago, forteresse construite du temps de Miguel Lopez de Legazpi, conquistador espagnol de son état, arrivée à Manille au tout début du 17ème siècle
Comme vous pouvez le voir, il pleut, mais comme on s'attendait à beaucoup plus d'eau, ça ne nous dérange pas vraiment. Le Lonely Planet gonfle doucement sous les gouttes, et gardera des traces de cette journée !
La balade dans Fort Santiago est agréable, le p

arc et les palmiers nous feraient presque oublier qu'on est en Asie, et la Chine quittée il y a 24h à peine n'est plus dans nos esprits ...
Pas chinois, mais ...J'ai peut être parlé un peu vite ... Toujours en vadrouille sur notre petite muraille, c'est soudain le monde extérieur qui attire notre attention, par le biais d'ouvriers philippins en plein travail ...
Le principe est simple : démolition d'un mur à coup de masse. Jusque là ... Normal. Ce qui l'est moins, c'est d'être debout en équilibre sur le mur en question, en tongs. Vous pouvez clairement voir sur la photo que l'ouvrier de gauche tape en dessous de lui. Quant à l'autre ouvrier, comme il attaque le mur à sa droite par le milieu, celui-ci s'écroulera sur lui quelques minutes plus tard, entraînant sa chute dans le ruisseau dégueu en contrebas, sous les fous rires de ses collègues. Je vous rassure, il n'avait pas l'air blessé ... Mais ces philippins ont fait large concurrence à leurs homologues chinois !
Jeepney to QuiapoOn continue la balade, puis sortons de Intramuros, direction Quiapo en prenant un jeepney. Les jeepney de Manille, c'était à l'origine des véhicules militaires américains, restés là à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C'est maintenant des véhicules redécorés, ornés de toutes sortes de pièces métalliques, qui servent de moyen de transport public. La course n'est pas chère, la circulation dans Manille est surchargée, et les jeepneys me rappellent fortement les balades en Sangtaw de la Thaïlande.


Nous arrivons à l'église de Quiapo, aussi appelée Basilique du Nazaréen Noir, en référence à la représentation du Christ en ébène qui y est abritée. Toujours beaucoup de monde, de larges campagnes anti-avortement au fond de l'église, l'édifice lui-même est étonnant et adapté au climat du pays : un toit, certes, mais pas vraiment de murs sur les côtés, juste des piliers et quelques bâches pour les journées pluvieuses ...
À peine sortis, nous tombons dans un marché, et nous promenons quelque part entre Quiapo et le Chinatown (qui n'a pas grand chose en commun avec la Chine...), avec le bonheur réel que procure une simple déambulation dans les rues animées et vivantes d'une ville asiatique ... C'est quelque chose d'indescriptible, une continuelle sollicitation des sens, des dizaines de choses à regarder, des formes, des couleurs, des vêtements, des lumières, des gens, des odeurs incroyables, pas toujours agréables mais jamais aseptisées, des sons tout le temps, très fort, des gens qui crient, t'interpellent, des musiques qui s'enchaînent et se percutent d'un étalage à l'autre, un remix de "Lemon Tree" version techno, une sorte de tourbillon de vie qui épuise parfois, mais ne laisse personne indifférent.
Nous déambulons sans vraiment parler, le sourire aux lèvres, absorbés par ce qui se passe autour de nous. Il y a aussi ces fils électriques qui s'entremêlent, ces tricycles qui nous emmèneraient bien n'importe où, ces néons, ces marchands de tout et n'importe quoi.
De mes voyages, ces moments font partie des moments les plus indescriptibles, des souvenirs les plus marquants, les plus uniques. C'est tellement "vivant" !


La faim se fait sentir, on s'arrête dans un des nombreux petits boui-bouis qu'on trouve partout, qui consistent bien souvent en une série de plats cuisinés parmi lesquels on pioche, une table contre un mur, un banc, et pour la pluie une bâche au dessus de la tête ... Avec les pin-up filipina au choix en poster ou en clip tv ! Attablés, Cédric et moi, et sur l'autre photo à l'autre bout du "buffet", Jérôme.


Fin de journée ...
On déambule encore un bon moment, puis retour at home, via le métro et un taxi. Bien fatigués par notre journée, mais les colocs de Cédric débarquent avec de multiples possibilités pour la soirée. Pour le coup, on oublie les quartiers de la journée, et profitons de notre statut de jeunes étrangers dans une grande ville d'Asie ... Ce sera donc un bon resto à Greenbelt, puis direction Fort Bonifacio, un autre quartier très classe de Manille, avec un passage par un bar à vins japonais, puis par la Distillerie, et enfin l'Ascend, où les filipinas qui nous accompagnent nous font rentrer en VIP. Wahou, une vraie boîte de nuit, rien à voir avec HZ ... Et c'est vraiment sympa ! Avec toute la bande d'étrangers ... Bande son de la soirée, "I got a feeling", et ça a été une très bonne soirée ... Terminée comme il se doit quelques heures plus tard avec un Big Mac et des frites, avant une bonne nuit de sommeil !
Un dimanche à Manille
Après un super p'tit déjeuner, nous voilà en route pour Océan Park, un grand aquarium de Manille. C'est sympa sans être exceptionnel, mais on croise tout de même quelques hippocampes, étoiles de mer, raies et autres Némos ...


Le prix d'entrée est très cher pour un philippin, et nous pouvons donc nous adonner à une étonnante observation des visiteurs. Les regarder déambuler, observer les signes d'aisance de ces personnes, le comportement et le look de leurs enfants, et tout ça ... Voir des familles ayant 2 enfants ou plus, ce qui me surprend souvent après plusieurs mois de Chine. Juste regarder les gens vivre, encore une fois, et mesurer toute la différence avec la veille, avec le reste de ce qu'on connaît.
Ce qu'il y a de bien, avec l'humain, c'est qu'on n'a jamais fini de découvrir, jamais fini d'être surpris ... Et c'est plutôt sympa !
Retour à l'appart, Cédric a du boulot, je m'esquive donc avec ses coloc' qui elles ont bossé toute la journée. Une bonne fin de week-end, pour 3 jeunes françaises à Manille, c'est pas plus compliqué que des tartines tomates et Serrano, accompagnées d'un verre de rouge ...

2 jours à Manille, je suis convaincue qu'il y fait bon vivre, et l'ambiance est vraiment agréable. Demain c'est lundi, mes hébergeurs seront moins disponibles, je vais partir voir du pays ... Peut-être ... La suite au prochain épisode, pour vous faire rêver encore un peu !
"Il en faut peu pour être heureux ..."
Le sage Baloo