À la première place des choses à éviter pour un étranger en Chine, je dirais "tomber malade !"
Mais comme je ne reculerais devant aucune expérience, voilà un petit aperçu de l'art et la manière de se soigner en Chine ...
Solution n°1 : un aller-retour à Shanghai
Mi juillet, ko depuis quelques jours, je cherche un médecin à voir. Suivant les conseils des français, me voilà partie pour consulter un médecin allemand parlant français, qui est le référent du consulat (de France comme d'Allemagne). Pas compliqué. Celui-ci reçoit du lundi au jeudi, jusqu'à 17h, sur rendez-vous, dans un hôpital international de Shanghai. 1/2 journée de congé, 1h20 de train dans un sens, métro, 1/4 d'heure de rdv et 100 euros plus tard, je repars sans médicament mais un conseil en poche : "Vous rentrez en France dans 3 semaines ? Bon, si dans trois semaines c'est toujours pareil, ce serait quand même bien de consulter un médecin en France !". Bon ...
Conclusion : rassurant, mais à utiliser avec parcimonie, et seulement quand on est suffisamment en forme pour prendre le train pour aller voir le médecin ...
Solution n°2 : l'hôpital chinois, en amélioré
Ce mercredi, après 10 jours avec la crève, j'en ai marre ... Mais pas le courage d'aller jusqu'à Shanghai. Cette fois-ci, je prends rendez-vous dans un hôpital de Hangzhou, fier de son service "VIP" destiné aux étrangers. Vu le site internet, ils ont des moyens conséquents, voire impressionnant surtout ramené au nombre de patients qu'ils doivent avoir. Rien que l'appel pour prendre rendez-vous est une blague en soit : "pouvez-vous me décrire vos symptômes que je vous oriente vers la bonne personne ? -je voudrais voir un généraliste, j'ai probablement une sinusite, c'est pour confirmer et avoir des médicaments. - Une sinusite ? Dans ce cas il vaut peut être mieux que je vous oriente vers un spécialiste du nez et des oreilles, attendez je regarde ! - Euh non, un généraliste pour commencer, le spécialiste on verra s'il y a besoin ... - Vous êtes sûre ? Bon, d'accord ...", et un peu plus loin dans la conversation, comme j'ai le malheur de tousser : "-Ah mais vous toussez ? Il vaudrait mieux consulter un spécialiste des poumons alors ! - Non, je vous jure, un généraliste, j'y tiens ...". J'ai fini par avoir un rdv pour le lendemain, avec la vague impression qu'on me voudrait plus malade que je ne le suis ...
En arrivant à l'hôpital, j'évite donc les services des communs des mortels chinois et part à la recherche de mon service VIP. Moquette, larges fauteuils dans la salle d'attente. Un appareil automatique pour prendre la tension, la température puis j'arrive devant le médecin, un chinois qui parle anglais, et qui d'après le site internet a forcément étudié ou travaillé à l'étranger. Il me fait asseoir, décrire mes symptômes. À côté de lui, une table archi perfectionnée avec plein de boutons partout, du matériel dernier cri. Après quelques minutes d'intense réflexion, le diagnostic tombe : sinusite (ça tombe bien ...). Pas d'examination, d'auscultation. Le médecin m'offre alors deux possibilités : soit il me donne des médicaments contre la sinusite et on avisera si ça ne s'améliore pas, soit ... On peut faire des examens complémentaires. Hum. Je prends les médicaments ...
L'infirmière se charge ensuite de m'emmener jusqu'à la pharmacie de l'hôpital pour récupérer les médicaments. Là commence une traversée de différentes tours et différents étages de l'hôpital, en passant par le service des urgences et l'accueil. Traversée étourdissante par le monde et le bazar, le bruit ambiant et les couloirs encombrés ... On comprend tout le confort d'un service VIP pour étrangers.
Bilan : 2h de retard au boulot, 18 euros de consultation, 18 euros de médicaments "western" et 17 euros de "traditional medicine" (= antibiotiques chinois, traditionnel, c'est cela oui ...), une carte de fidélité, et la claire envie que je revienne plus malade, que leur matériel serve à quelque chose ... De mon côté, contente d'avoir des médicaments mais je regarde mes antibiotiques chinois un peu de travers, ce n'est tout de même pas ce qu'il y a de mieux ... Mais c'est tout ce que j'ai donc ça fera l'affaire !
Solution n°3 : quand le médecin allemand refait son apparition ...
Mercredi soir, avant même d'avoir pris le moindre médicament chinois, me voila ratatinée avec 40 de fièvre. Pas bien du tout ... Au moins c'est clair : malade comme ça en Chine, sans trop savoir de quoi et sans pouvoir facilement voir un médecin fiable et avoir les médicaments dont on a besoin, c'est vraiment pas marrant. Je passe le jeudi chez moi, la fièvre descend avec mon stock de paracétamol. Jusqu'en mars dernier, le médecin allemand venait une fois par semaine à Hangzhou, mais ce n'est plus le cas ... Sauf que j'apprends qu'il sera là samedi. Vendredi tranquille à la maison également, et samedi je vois le médecin. Il reçoit pour la journée à la clinique nord américaine, une clinique à l'origine construite et subventionnée par une riche chinoise, mais la médecine rapporte peu... Alors elle l'a laissé tomber en désuétude. Les locaux ne sont pas très équipés, mais bon, le médecin confirme le diagnostic de sinusite qui s'est infectée et non une grippe, donc je suis non contagieuse et peut retourner au boulot. Il change mes médicaments chinois contre d'autres tout aussi chinois. 15min de consultation et ... 30min aux 3 personnes présentes et n'ayant que cela à faire pour me trouver les 3 médicaments indiqués, se tromper, recommencer avec une inefficacité redoutable, même lorsqu'il s'agit que je paye.
Bilan : 1h30 en comptant le retard du médecin, 50 euros de consultation et autant de médicaments, une bonne solution pour être rassurés ... Sauf que là, c'est le médecin qui ne reviendra jamais travailler dans ces conditions !
Finalement ...
La meilleure chose à faire, c'est de ne pas tomber malade ... Pour le moment, je récupère tranquillement, et ça va déjà beaucoup mieux, je sors tranquillement de mon hibernation. En espérant bien ne pas avoir à vous raconter un autre épisode médical !
Marion, 26 ans maintenant. 2 ans en Chine et en Asie, de juillet 2008 à août 2010.
Et pour la suite ?? Qui sait ?
***
Ce blog à publications irrégulières reflète mon quotidien, mes humeurs, mes découvertes, mes voyages, les événements ou anecdotes auxquels j'assiste. Un petit bout de Chine, un petit bout d'Asie, vus de ma lucarne, souvent avec amusement et étonnement, interprétés avec les bribes de vies dont je m'imprègne jour après jour, sans toujours bien saisir ce qui se passe ...
N'hésitez pas à laisser des traces de vos passages, vos réactions.
Bonne route à vous ...
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lundi 26 octobre 2009
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3 commentaires:
Ha ba voilà !! On se moque avec ses 26°C mais après il n'y a plus personne hein...
Soigne toi bien en tout cas, ça serait dommage de rater la moitié du monde à cause d'une sinusite chinoise.
Bisous verts.
Seb
J'ose ? Je n'ose pas ? Allez, tu as du en voir d'autres, cette histoire ne t'inquiétera pas plus : lorsque j'étais en chine, l'un de mes collègues "à demeure" là bas était tombé malade quelques temps avant mon arrivée et nous racontait...
Il avait du faire un intoxication alimentaire. Quoi qu'il en soit, c'était sévère, et il avait été admis à l'hopital du campus. Là, une perfusion de je-ne-sais-pas-trop-quoi lui avait été mise... Jusque là, tout va bien !
Le flacon se vide tranquillement dans ses veines, RAS. Et puis le voilà presque vide. Les dernières gouttes de liquide quittent la bouteille, et le niveau restant se surveille maintenant directement en regardant le tuyau, qui se vide doucement.
Là, une infirmière (je dirais plutôt "une chinoise avec une blouse"... ce qui ne prouve en rien qu'elle est infirmière !) arrive tranquillement dans la chambre. Elle voit que le niveau est dans le tuyau, à 30cm du cathéter... et se précipite pour arracher la perf !
Il n'a jamais su très bien pourquoi elle avait fait ça, mais ça l'a quand même pas mal laissé perplexe !!!
En Chine ou ailleurs, on ne laisse pas une perf se vider totalement car, une fois tout le liquide passé, s'il y a un peu d'air dans la poche ou la tubulure, et que celui-ci passe dans la veine, ça fait une 'tite bulle qui monte, qui monte, qui monte... et une 'tite bulle qui va se bloquer dans un vaisseau = embolie (=pas bon du tout !). C'est pour ça aussi qu'on tapote les seringues avant de faire une injection, pour virer les bulles d'air.
Doc Satan ;)
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